La penne est la coiffe traditionnelle et folklorique des étudiants belges des universités non-catholiques (d’état comme l’ULg et la FUSAGx ou libre comme la Fpms, l’ULB et la VUB) ainsi que de plusieurs Hautes Écoles et Écoles supérieures artistiques en Belgique. La penne est indissociable du baptême et du cercle étudiant qui l’a administré. Ce cercle est fortement lié à une faculté ou à une section de faculté.
On ne peut parler de la penne sans parler de cercle, faculté et baptême estudiantin.
Une penne est un objet personnel. Il représente le parcours académique et folklorique de son porteur. Des objets s’y ajoutent, et parfois se perdent, donnant ainsi une vie et une identité à la penne. Il n’est donc pas étonnant que celle-ci soit parfois comparée à une carte d’identité.

Histoire de la penne

La penne, que seuls les étudiants baptisés portent actuellement, tire son nom d’un mot wallon signifiant « visière ». Elle apparut vers 1850 à l’ULB et 1860 à Liège, ou elle est d’abord connue sous le nom de crapuleuse avant de prendre le nom de penne après 1918.
À l’époque de son apparition à Liège, elle est décrite comme une casquette étroite en drap avec visière en toile cirée. Elle était alors verte, couleur de l’ULg.
Il a fallu attendre 20 ans pour que les couleurs se diversifient: le vert sera la couleur des étudiants de la faculté de médecine, le blanc des juristes et des philosophes, enfin le noir ou le bleu, celle des étudiants des Mines.
La forme de la penne est également non sans rappeler celle de la coiffe estudiantine allemande. La visière s’est progressivement allongée pour atteindre ses dimensions actuelles au cours des années 1970.
Plusieurs interprétations de son origine et de sa signification existent :
– pour certains, la casquette, emblème à l’époque des gens du peuple, permet à l’étudiant de marquer son indépendance par rapport à la bourgeoisie (classe dont les étudiants sont pourtant en majorité issus);
– d’autres considèrent que la penne ayant été créée en opposition à la calotte, la longue visière de cette casquette sert à protéger nos yeux du regard de Dieu.
– une troisième interprétation nous vient de l’historien Eugène Polain, administrateur-inspecteur de l’université de Liège lors des célébrations de 50 ans (en 1869) : « ils [les étudiants] avaient quelque peu copié le costume des Allemands, et portaient le pantalon blanc, une veste assez courte et fort étriquée. Ils avaient comme coiffure une petite casquette étroite avec une visière en toile cirée. Nous avons porté cette coiffure à l’école primaire, dès 1870. Mais ce qui était supportable sur la tête des gamins était ridicule sur celles de grands garçons. »

Description de la penne

La penne se compose de trois parties:
1) le callot:
Il s’agit de la pièce de tissu recouvrant le crâne, sa couleur de départ varie selon les facultés et les universités. Sur son sommet est généralement inscrit le nom de l’université ou de l’école supérieure. À l’ULg et dans les hautes écoles de Liège, les baptisés cousent un morceau de tissu représentant le blason de la Province de Liège.
On y accroche toutes sortes d’insignes, symboles et décorations ; notamment le symbole facultaire placé à l’avant de la penne.

2) la bande (ou bordereau):
Cette bande de tissu coloré fait le tour externe du callot et surplombe la visière. Sa couleur symbolise la faculté ou la section. On retrouve cette couleur sur les toges des comités de baptême et comités de cercles estudiantins.
Y sont fixées sur le devant des étoiles dorées/argentées représentant les années commencées ou recommencées.
Sur le côté gauche du ruban l?insigne du Perron symbolisant la ville de Liège,
Sur le côté droit, un insigne représentant le Torè symbolisant les étudiants,

3) la visière:
La visière est une plaque de carton plastifié surplombant les yeux. Comme on s’y attend, elle prend naissance sous la bande sur toute la largeur du front. La taille de la visière est variable.
Si la taille de la visière le permet, elle est souvent recouverte d’autocollants. Du fait même que l?autocollant est une invention beaucoup plus récente que la penne, on trouve une grande diversité d?habitudes qui ne peuvent pas être vraiment qualifiées de tradition.
Par exemple :
Le plus souvent les autocollants n’ont d’autre signification que la sympathie interfacultaire au sein des étudiants baptisés.
À l’ULg, les autocollants propres à la faculté de l’étudiant sont placés sur le haut de la visière et ceux des autres facultés se placent en dessous.
À l’ULB,Une tradition voudrait que la partie supérieure reprenne les cercles amis et la partie inférieure les cercles des amours du propriétaire.
Quelquefois, ces autocollants servent à distinguer les étudiants ayant acquitté les frais d’une activité folklorique, et ayant donc le droit de se présenter à la pompe à bière. Les placer sur la visière de la penne (qu’aucun étudiant n’accepterait de prêter à un tiers !) assure une identification instantanée, ce qui accélère grandement les livraisons au bar. Par la suite, ces autocollants attestent de la présence de l’étudiant aux dites activités, ce qui augmente d’autant son prestige.

Ornements de la penne

– Chaîne et jugulaire:
Un cordon ou une chaîne peut être attaché d’une tempe à l’autre. Son utilité première est d’empêcher que la penne ne « s’envole » par grand vent ou dans un milieu hostile. Certains y voient également un symbole de la fraternité étudiante.
Les chaînes peuvent aller des fines mailles de cuivres jusqu’aux mailles d’un pouce en acier nickelé. Les chaînes massives apportent un élément supplémentaire de sécurité : le port de la chaîne lourde, à l’ULg comme à l’ULB, avait initialement pour but d’empêcher le vol de pennes par des guindailleurs d’autres régions.
La jugulaire permet également de porter la penne au repos, c’est-à-dire sans la poser sur la tête. Les modes en ce domaine changent avec le temps et le lieu. Ainsi, l’ULB a actuellement tendance à la porter en sac à main, tandis qu’à l’ULg on la portera en bandoulière.

– Etoiles:
Il s’agit de petits ornements en cuivre (jaune dit doré) ou en cuivre anodisé (blanc dit argenté) fixés à la bande de couleur facultaire juste au-dessus de la visière.
L’étoile porte six branches et ressemble dans sa forme à l’étoile de David. On y voit généralement un symbole maçonnique d’équilibre entre le corps et l’esprit.
Chaque étoile représente une année d’étude. Les étoiles dorées représentent les années entamées pour la première fois (réussies ou en cours), tandis que les étoiles argentées représentent les années doublées ou triplées (éventuellement en cours). Il existe aussi les étoiles rouges signifiant une année d’étude passée à l’étranger.
Le parcours académique se lit de gauche à droite, ce qui oblige les doubleurs à déplacer les étoiles argentées à chaque début d’année. Dans le cas de changement de faculté (ou de double inscription), une bande de couleur correspondant à la faculté adéquate sera placée sous les étoiles correspondants.