Histoire de la Saint Torè

Durant longtemps, le Torè suscita des polémiques. Heureux de pouvoir contempler en grand, à Liège, ce que les bruxellois possèdent en tout petit, les étudiants de l’Alma Mater ne tardèrent pas à élever ce monument au rang de symbole. Les Terrasses devinrent le passage obligé des cortèges estudiantins, ce qui valut plus d’une fois au Torè d’être peinturluré ou affublé d’oripeaux hétéroclites.
En 1940, à l’instar de presque toutes les statues liégeoises, le Torè prend le maquis et séjourne durant cinq ans dans les caves de l’Académie des Beaux-Arts, emmuré en compagnie de la Vierge de Delcour. Les Liégeois le croyaient disparu à jamais dans les fonderies du Reich. C’est donc avec un enthousiasme indescriptible qu’ils saluèrent sa réapparition en juillet 1945.

Au retour d’une Saint-Verhaegen dont il avait pu goûter l’anticléricalisme primaire, André Fiévet, Président de la Commission Folklorique, se jure de donner une leçon de tolérance aux camarades de l’ULB. Son projet : « montrer une sortie avec chars à laquelle pourraient participer tous les cercles, y compris les mouvements religieux et politiques; seul le folklore estudiantin devait y trouver son profit ». Renouant avec l’usage du défilé de la Mi-Carême, le premier cortège de la Saint-Torè a lieu le 17 février 1949, dans le cadre du Congrès International de la Presse Universitaire.
De 1949 à 1966, la tradition est maintenue. Les cortèges se succèdent, adoptant au fil des années des thèmes très divers.
En 1960, le Torè fut intégralement peint en blanc et déguisé en vache, tandis que Djôzèf était travesti en fermière. Hélas, la politisation croissante de la vie universitaire et le comportement inadmissible de certains devaient avoir raison de cette manifestation. Depuis longtemps, la guindaille avait fait place à la contestation, lorsque le bourgmestre Destenay porta le coup de grâce à la Saint-Torè, par l’interdiction du cortège de 1966. La fête ne fut plus dès lors célébrée que par quelques cercles, en circuit très fermés, il fallut attendre 1983 pour assister à la renaissance du cortège traditionnel.
Depuis cette date, les festivités se sont étendues à quatre jours, puis à trois jours pendant lesquels alternent diverses manifestations folkloriques.

Saint Torè actuelle

La fête commence par une Garden Party organisée par le comité de baptême HEC le lundi après-midi. Ensuite, une soirée forfaitaire se déroule sous le chapiteau du Val-Benoît.

Le mardi après-midi, le cortège des étudiants, rassemblant entre dix et quinze mille étudiants ainsi que de nombreux chars, passe par différents hauts-lieux du folklore liégeois.
Parti de la place du XX-Août, il rejoint la république libre d’Outremeuse pour y rendre hommage à Tchantchès avant de terminer en apogée devant le Torè des Terrasses. Le cortège se disperse après les chants des différents comités de baptême, non sans avoir badigeonnées avec de la peinture de couleur vive les parties mâles de la statue du Torè.
Cette journée se termine par une soirée sous chapiteau.

Enfin, le mercredi après-midi a lieu une compétition originale : les 4 heures trottinettes organisées par le Comité de Baptême Ingénieur Civil depuis 1977.
Cette journée se termine également par une soirée sous chapiteau.

Il faut aussi souligner que durant ces trois jours, Le Carré se remplit d’étudiants qui boivent jusqu’aux petites heures du matin.
A l’exception des 4 heures trottinettes et de la garden HEC, la Saint-Torè est organisée par l’AGEL (l’Association Générale des Étudiants Liégeois).

On peut noter que le jeudi après-midi a lieu le « Pastis-Pétanque » pour les quelques survivants et tous ceux qui ont participé à l’organisation.